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Les années 1700

1700
Le marché, existant depuis le début du XV ème siècle, disparait. 1719
De septembre à novembre, une épidémie de dysenterie cause une centaine de morts. 

1726
Portrieux est le premier port naturel de la baie de St-Brieuc à être amélioré par des ouvrages. 

Les habitants se cotisent pour construire une digue. Ils sont aidés par les Etats Généraux de Bretagne, qui leur accordent deux allocations de 7.000 et 5.000 livres. Ce premier môle se trouvait à 60 m en deça de la jetée actuelle de l’ancien port. 

1747
Les habitants réclament le rétablissement de leur marché. Les marchés du Portrieux étaient très anciens, puisqu’on en trouve trace légale depuis le XV ème siècle. Il est probable qu’ils existaient même avant cette date, car le Portrieux était le chef de juridiction de la Baronnie de la Ville Mario, avec « haute, moyenne et basse justice et fourche patibulaire à 4 pots ». Marchés et foires étaient importants aux XYlème et XVIIème siècles, mais les droits imposés aux marchands par les seigneurs, les Comtes de Tréveneuc et de la Lande Calan, devinrent trop élevés. Ils périclitèrent pour disparaître complètement vers 1700. Pendant un bon dernisiècle, il n’y eut donc plus aucun marché, ni aucune foire à St-Quay-Portrieux, et les forains s’en allèrent vers Plouha et Lanvollon vendre leurs produits. En octobre 1747 pourtant, les habitants du Portrieux firent une pétition pour le rétablissement de leur marché, dont voici les termes: 

« Les habitants du Portrieux, Etats de Bretagne, Paroisse de St-Ké, au Diocèse de Dol, supplient son Altesse, Monseigneur le Prince de Soubise, de leur accorder son consentement pour l’établissement d’un marché public franc tous les samedy, et deux foires franches, l’une le samedy d’après les Roys, et l’autre le premier samedi de juin. Les Seigneurs en ce lieu, M le Comte de Tréveneuc et M de la Lande Calan, y ont consenti. 

Les motifs des habitants sont: la nécessité de se fournir en blé. Ils n’en récoltent pas le tiers de ce qui leur est nécessaire pour leur subsistance. Ce sont presque tous des gens de mer et peut être les meilleurs matelots de la région, qui rendent plus de service à l’Etat par leur commerce qu’ils ne pourraient faire en cultivant des sables arides. 

Dans les moyens qu’ils exposeront au Roy, après le consentement de son Altesse, les habitants du Portrieux feront notamment ressortir que ces marchés et foires ne sauraient porter préjudice aux marchés voisins. Le plus proche est en effet celui de Binic, qui est à une lieue et se tient le jeudy. Le marché de Chatelaudren, à trois lieues, se tient le lundy. Celui de St-Jacques-Tremeven, à deux lieues, se tient le mardy. Le vendredy, c’est à Lanvollon, distant de deux lieues du Portrieux, et les mercredy et samedy à St-Brieux, éloigné de trois lieues ». 

1748
Le 12 février, Louis XV signe à Versailles des lettres patentes accordant l’ouverture d’un marché le samedi et de deux foires fixes à Claude Chrestien , Vicomte de Tréveneuc et à Claude de la Lande Calan, co-seigneurs prééminenciers de la paroisse. C’est avec beaucoup de minutie que le procès verbal fixe à chaque corporation sa place, avec interdiction de vendre ailleurs qu’aux endroits assignés. Quiconque était pris en défaut devait s’acquitter de trois livres et quatre sols d’amende. Ces amendes étaient affectées aux réparations de l’auditoire et de la chapelle Ste-Anne qui, déjà à cette époque, en avait bien besoin. La commune de Plouha essaiera par la suite de ravir ces foires et marchés aux Quinocéens, qui se défendirent vigoureusement. 
Le 12 décembre, il acorde à ces mêmes seigneurs la propriété de la Ville Mario, qui était détenue par les Chrestien de Tréveneuc depuis 1729 (Anc. Ev., p. 197). 

1756
Début de la Guerre de Sept Ans. Louis XV fait dresser 2 batteries de canons « pour faire de ce port un asile aux bâtiments qui n’en ont point d’autre contre les corsaires de l’isle de Gersay ». Un four à boulets est construit sur la pointe de la Priauté, au dessus du port. Il existe toujours, mais n’est plus visible, car situé aujourd’hui dans une propriété privée. 

1770
Reconstruction de la Chapelle du Portrieux, dédiée à Sainte-Anne. 

1779
une terrible épidémie, d’un mal inconnu, décime la population, qui souffre de douleurs atroces. 201 décès seront dénombrés. 

1787
Les actes commencent à faire apparaître la dénomination « Portrieux », au détriment des appellations « Portherieux » ou « Porterieux », découlant éthymologiquement de « Port es Rieux », les rieux étant le nom des feux allumés la nuit ou par temps brumeux de chaque côté de l’entrée du port, pour permettre aux navires de se guider. Mais ce nom pourrait aussi provenir du nom que se donnaient les marins de l’endroit, les « rieux » … 

1790
Election par la paroisse de la première municipalité et installation de la mairie rue de la Comtesse. Il s’agissait d’une toute petite bâtisse dans laquelle, lors d’un mariage, seuls le maire, la personne faisant office de secrétaire et les futurs époux pouvaient entrer. Les portes et fenêtres étaient ouvertes, de façon que les autres personnes puissent suivre la cérémonie. Les locaux étant trop exigus, la mairie sera par la suite transférée rue de la Victoire, à l’emplacement du café actuel. 

1793
Le plan d’une jetée est accepté par le Gouvernement révolutionaire. 

1795
Le 14 pluviose an nI (4 et 5 mars) a lieu le seul évènement historique digne de ce nom s’étant passé dans la commune: le combat meurtrier de la Ville Mario, entre les Bleus et les Chouans (cf article à ce sujet). Les Chouans, au nombre de 200, mais mal armés, aidés par des paysans et des émigrés, soit un total d’un millier d’hommes réunis en ce lieu, furent battus par les Bleus du cantonnement de Pontrieux, commandés par le capitaine Redouté, au nombre de 300. Les royalistes furent dispersés ou faits prisonniers. Le château sera abattu, puis transformé en ferme à partir de 1809. A ce jour, il ne reste plus que ruines de ces bâtiments. 

– Une ligne continue de vigies est mise en place sous la direction de la Marine. Les transmissions du sémaphore se font d’abord au moyen de pavillons, puis à partir de 1807 par le Télégraphe. Jugés superflus en temps de paix, ces postes de vigie seront supprimés entre 1814 et 1858. 

– la batterie qui dominait le port a failli servir une fois en avril, lorsque les Anglais ont eu la velléïté d’opérer un débarquement sur nos côtes. 

A la fin de la période révolutionnaire, la foire aux chevaux se tient à St-Quay. 

En cette fin de 18ème siècle et début de 19ème siècle, la comtesse des Thuilais, propriétaire de l’actuelle île de la Comtesse, est une maîtresse femme qui répand la terreur pendant un demisiècle. Elle a des démélés épiques avec toutes les municipalités qui se succédent. Les différents maires la désignent d’ailleurs comme une « forteresse imprenable ».

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