1 Utilisateur actuellement en ligne

« La demeure des Gaulois » (Ker Tud Gal)

Le berceau de notre localité est le village de Kertugal signifiant en langue celtique, « la demeure des Gaulois » (Ker Tud Gal).

Des fouilles ont mis à jour une importante fabrication de haches. L’activité de cette population de marins et de paysans, se concentrait autour de la petite anse appelée aujourd’hui « fontaine Saint Quay ». De là, ils commerçaient avec l’Angleterre ou l’Irlande.

C’est au Vème siècle, que la commune, comme beaucoup d’autres dans la région, fut évangélisée. Dans une auge de pierre, sans aviron, sans voile, sans vivre, débarqua un jour saint Ké (ou Kénan ou encore Colodoc), ermite, né de parents nobles et riches, en « l’Ile de Bretagne ». Parvenu, non sans mal, dans l’anse de Kertugal il fut accueilli brutalement par les lavandières qui prirent peur à sa vue, convaincues qu’il s’agissait d’un démon.

 

Armées de branches de genêts, elles le battèrent et le laissèrent pour mort. Le saint homme pria la Vierge de lui venir en aide. Elle lui apparut et fit jaillir sous ses pas une source qui soigna ses blessures. Puis, elle le guida jusqu’à un buisson de ronces pour qu’il se reposât.

Le lendemain, les lavandières implorèrent son pardon. Depuis, à l’emplacement d’où jaillit la source fut construite la Fontaine Saint Quay et à celui où il se reposa la chapelle Notre Dame de La Ronce.

St-Quay-Portrieux se développa autour de ses activités maritimes. Son port fut le premier à investir dans des ouvrages d’art améliorant les avantages naturels de sa situation au Portrieux et facilitant ainsi le trafic et la sécurité des bateaux.

Pendant la Révolution, son histoire fut marquée par un des nombreux drames qui illustrèrent la lutte des Chouans dans la région : c’est l’affaire de la Ville-Mario.

Le Portrieux avait établi des correspondances avec l’ Angleterre, à la fois pour faciliter le départ des prêtres réfractaires et en même temps pour équiper la résistance contre les Républicains en armes, munitions et officiers.

La ferme fortifiée de La Ville Mario était le quartier général de cette compagnie d’environ 50 hommes appelée « Royal-Carnage » et commandée par un ancien douanier, La Roche.

Le 4 mars 1795, un débarquement de matériel anglais devait avoir lieu. Pour cette livraison, le Royal Carnage avait réuni 200 Chouans. Si la flottille anglaise n’était pas au rendez-vous, les républicains en revanche, prévenus, les attendaient et ce fut un véritable massacre : 64 d’entre eux furent tués. Deux semaines plus tard, se présentaient une dizaine de navires anglais qui mouillèrent l’ancre durant une semaine, bien inutilement.

Saint-Quay Portrieux a été l’une des toutes premières stations balnéaires du littoral Nord de la Bretagne.

Un dimanche de juillet 1841, deux « dames » de Guingamp arrivèrent dans notre commune sur les recommandations de leur médecin pour une cure de bains de mer. Aucune maison ne pouvant les recevoir, elles se présentèrent aux religieuses des Sacrés Cœurs de Jésus et Marie (fondée en 1821, la Congrégation tenait un pensionnat de jeunes filles).

Pendant quatre ans, malgré les réticences de la Mère Supérieure, les religieuses durent recevoir, après l’intervention de leur évêque, non seulement les deux dames enchantées de leur première expérience mais encore « toutes les familles honorables qui souhaiteraient être hébergées en présentant des références ». La renommée du site fut telle que le premier hôtel ouvrit dès 1845. Sa fréquentation ne cessa de croître avec l’arrivée du chemin de fer dans la baie, qui facilita la venue des Parisiens.

Après la Première Guerre mondiale, Saint Quay Portrieux connut une autre période faste avec la construction de nombreux équipements touristiques et balnéaires : aménagement des quais, des cales, de la piscine d’eau de mer, du cinéma-théâtre, du casino…

Ce dernier fut, sans doute, l’un des premiers établissements de thalassothérapie. Il comportait au rez-de-chaussée le casino classique, avec orchestre, bar, boule et salon de coiffure. A l’étage, les bains étaient aménagés en plusieurs alcôves avec baignoires d’eau de mer chauffée, douches et tables de massages.

Le casino était alors couvert de terrasses, toute la façade côté mer était en plein air, protégée du vent par des vitrages.

Laisser un commentaire